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Prix Talents contemporains 2015 de la Fondation François Schneider

le 19 septembre 2016 à 16:41

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C’est avec un immense honneur que le film Focus on Infinity reçoit le prix Talents contemporains 2015 de la Fondation François Schneider après délibération du Grand Jury International du concours réuni à Paris le 26 mai 2016.

Le Président du Jury, Jean-Noël Jeanneney a communiqué la liste des lauréats le 27 mai à la Fondation François Schneider à Wattwiller.

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Marie Cantos – Salon de Montrouge

le 9 mai 2016 à 9:48

 

« Qui n’est pas fasciné par les kaléidoscopes ? Une simple mise en abîme spéculaire, quelques coquillages, bris de verre et tissus colorés jouant une musique flûtée et abrasive dans un cylindre rotatif, selon un ordre incessamment détruit puis recomposé, trouvant patiemment un rythme propre – paradoxal continuum de saccades spatio-temporelles. Walter Benjamin en fit même un outil dialectique.
Il y a de cette psychédélie dans le travail de Mathilde Lavenne : plongée dans le trait-mescaline de Michaux, approche poétique d’un univers chiffonné (Jean-Pierre Luminet). Et un goût pour les outils et les stations d’observation. Afin de retenir l’impalpable, puisque observer (comme regarder) signifie littéralement examiner et maintenir ? Comprendre en un même mouvement l’univers et notre place en son sein. Avec la boucle et le miroir en motifs structurant, à l’instar de l’épanadiplose cinématographique de Focus on infinity (2015), du jeu d’interactions de l’installation Mirror Lake Station (2014) et, plus généralement, de tout voyage, toute quête initiatique. Kaléidoscope existentiel.
Dans ce parallèle entre plongée en soi et dans la substance du monde, il s’agit d’être un peu visionnaire. Faire entendre dans ses dessins et ses images le tremblement d’une goutte d’eau dans le fracas de la fonte des glaces (Focus on infinity), par exemple : l’artiste y parvient, alternant constamment panoramas amples ou surplombants et zooms à l’intérieur même de la matière, qu’elle soit visuelle ou sonore, par le truchement, dans les développements récents de sa pratique, de technologies spécifiques. Par celui du dessin encore, parfois : la série 40°49’38.3_N 14°08’24.6_E (2013) retranscrit l’impression de vertige que l’on imagine ressentir devant les étranges installations scientifiques disséminées sur les flancs désertiques du volcan La Solfatare à Pouzzoles, près de Naples. Des inclinomètres (ressemblant à des panneaux solaires), des magnétomètres, sismomètres, altimètres, etc. (évoquant des antennes ou des satellites). Une imagerie SF dans ce décor proprement sublime : parce qu’effroyable, entièrement tourné vers le cosmos et ses forces obscures. »

 

 

Marie Cantos

 

 

Marie Cantos est auteure de textes, d’expositions et de conférences performées. Elle est titulaire d’un Master 2 Recherche en Histoire de l’art contemporain (Paris I) et du Master 2 Professionnel « L’Art contemporain et son exposition » (Paris IV).
Avant de devenir commissaire d’exposition indépendante, elle a travaillé dans la conception et coordination de projets artistiques et pédagogiques. Depuis, elle a réalisé des expositions en France et à l’étranger, pour des galeries aussi bien que pour des associations, des centres d’art ou des institutions, à l’intérieur du cube blanc mais en dehors aussi, parfois.
Texte publié dans le catalogue du 61e Salon de Montrouge, p.64-65.